Élection municipale couleurs “tendance” 5 commentaires


Couleurs “tendance”…

 

Étiquettes
et “nuançage”

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On a parlé, dans les articles précédents, de couleurs des symboles, mais pas de la réelle coloration politique des deux listes en compétition, pour ces municipales.
Pour la liste E (“Ensemble pour Saint-Molf”), bien que la tête de liste ait déclaré à la presse, en novembre, qu’elle était « sans étiquette partisane », cette expression n’est pas reprise, dans les deux articles, parus dans la presse, il y a peu, ni sur sa page Facebook. Il faut préciser que la notion de « nuançage » politique, qui existait en 2014, pour les communes de plus de 1000 habitants, après avoir été remontée à 9000 habitants, vient d’être, ramenée, tout récemment, à 3500 habitants. Saint-Molf, avec ses 2600 habitants, n’est, donc, plus concernée – contrairement à 2014 – par cette mesure, sans doute au grand soulagement de certains…

Celles et ceux qui habitent notre commune, depuis de nombreuses années, n’auront, vraisemblablement, pas de doute sur la coloration politique de la liste E, confirmée, s’il en était besoin, par ce que l’on peut voir, depuis peu, sur sa page Facebook . Pour la liste B (“Bien Vivre à Saint-Molf”), elle “revendique”, bien sûr, la couleur « verte ». C’est très bien, mais, en France, il y a des candidats « écolos » (ou qui prétendent l’être) des deux côtés de l’échiquier politique. Donc, cela ne nous éclaire pas beaucoup sur les convictions politiques profondes des candidats et de la  liste.
Pas un mot, non plus, dans sa communication officielle, sur une quelconque étiquette.
Les anciens Mendulphins – qui ont de la mémoire – se souviennent du “tollé” déclenché, en 2008, quand un journaliste, lors de la campagne pour les municipales, avait osé avancer que la liste de celle qui allait devenir maire était “de gauche”. Dans la presse, le lendemain, la liste démentait, catégoriquement, et déclarait, fermement, qu’il n’en était rien…

Plus que jamais par les temps qui courent, les électeurs ont besoin de savoir pour qui ils votent. Bien sûr, on nous répètera les sempiternels refrains, archi-éculés, du genre : « Je ne fais pas de politique », « Mon parti c’est la ruralité », « Mon parti, c’est ma commune », « Dans mon équipe, il y a toutes les sensibilités », « Les électeurs nous jugent, avant tout, sur notre bilan »… etc.
D’accord, mais, dans une municipalité, derrière la fonction, il y a la femme, ou l’homme, qui vote, lors des élections régionales, ou nationales, et qui choisit son candidat, ou sa liste. Donc, prétendre que dans la gestion municipale, au quotidien, on fait totalement abstraction de ses convictions profondes, n’est pas crédible, pour les électeurs.

Voici ce qu’écrit, sur le sujet, un ancien maire d’une  grande ville de Bretagne : « Beaucoup de listes se présentent avec le label sans étiquette », constate-t-il. « C’est devenu tendance de ne pas afficher son opinion. Dit autrement, c’est devenu tendance de la cacher aux électeurs, même si ceux-ci sont plus malins que l’on croit et peu dupes. Comme si c’était honteux d’en avoir une. En réalité, les têtes de liste, au moins, ont une étiquette ».
« Pourtant, pendant les six ans du prochain mandat, qui court de mars 2020 à mars 2026, il y aura des moments où les élus du printemps devront dire qui ils sont et dévoiler leurs étiquettes. Ils seront grands électeurs, en septembre 2020, pour élire une moitié du Sénat, et en septembre 2023, pour l’autre moitié. C’est correct de dire aux citoyens qui on veut voir siéger dans la Haute Assemblée… C’est utile de savoir de quel côté penche leur étiquette. Ce jour-là, ils en auront forcément une ».

À Saint-Molf, le conseil municipal élira, parmi ses membres, 7 délégués (grands électeurs), pour ces prochaines élections sénatoriales.

Par ailleurs, un président de conseil départemental, interrogé sur les nouveaux seuils de « nuançage », pour les municipales, a déclaré : « Cela va inciter les candidats à dissimuler leurs opinions politiques, les électeurs pouvant alors faire l’objet d’une manipulation. Ils ont besoin de savoir pour qui ils votent, sinon le risque c’est d’accroître encore la défiance entre les citoyens et leurs élus ».
 
Dans ces deux déclarations, tout est dit !


Saint-Molf la rouge ?

On aurait tort de sous-estimer le potentiel des électeurs de gauche dans notre commune.
Pour celles et ceux qui en douteraient, il suffit de cliquer sur ce lien :

On  y voit que, pour la première fois, sans doute, dans l’histoire de Saint-Molf, un candidat à la présidentielle de 2017, classé « à gauche de la gauche », a été placé en tête au premier tour, devançant de près d’un point celui qui, ensuite, a été élu président, au deuxième tour, face à la candidate « à droite de la droite »…
Dans ce premier tour de la présidentielle de 2017, dans notre commune, si l’on fait l’addition des scores des candidats de gauche, on obtient un chiffre de plus de 31 % ! Ceci montre qu’il existe une proportion, non négligeable, d’électeurs de gauche à Saint-Molf. À l’époque, au sein de Cap Atlantique, nous étions la seule commune à avoir placé un candidat de gauche en tête de ce premier tour.

Dupont et Dupond (Bonnet blanc et blanc bonnet...)Comment vont voter les électeurs de gauche, à Saint-Molf ?
Trouveront-ils, dans les bilans, dans les listes, dans les programmes, des éléments permettant de déterminer qu’ils peuvent, en toute confiance, choisir une liste qui agira selon leurs convictions ? Rien n’est moins sûr.
Ils considèreront, peut-être, que, malgré les “signes” envoyés aux différents électorats, malgré les couleurs des symboles, c’est un peu comme choisir entre “bonnet blanc et blanc bonnet”, ou préférer Dupont à Dupond
Alors ? Alors, il n’est pas difficile d’imaginer ce qu’il peut se passer !
On en parlera quand les résultats seront connus.

Au fait, c’est important : notez bien qu’il n’y aura qu’un seul tour…

Les Échotiers


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5 commentaires sur “Élection municipale couleurs “tendance”

  • JoJo de Saint-Mô
    Tout à fait d’accord avec ce qui est dit dans cet article.
    Les listes qui se présentent aux suffrages des électeurs doivent, au minimum, nous donner leur coloration politique (“Divers droite” ou “Divers gauche” ?). Ca nous suffira. C’est une question d’honnêteté vis à vis des habitants, futurs administrés.
    Ce n’est, en effet, pas honteux d’avoir une opinion politique… Les électeurs ont le droit de la connaître car elle orientera, inévitablement, les décisions qui seront prises pendant six ans.
    Si les listes persistent à masquer leurs convictions, on en conclura qu’elles sont “Ni gauche, ni droite”, slogan célèbre en 2017… On sait ce que ce slogan a donné, en France, depuis près de trois ans !
  • JoJo de Saint-Mô
     
    Lu sur le blog de la liste « Bien vivre à Saint-Molf » : 
     
    Question d’une internaute :
    « Bonjour, Est-ce que vous avez une affiliation sinon un soutien d’un mouvement politique national établi aujourd’hui ? LERM, LR, RN ou à gauche : socialiste, communiste, FI, extrême gauche, lutte ouvrière, ou encore écolo ? ! Si, vous ne pouvez pas affirmer une affiliation ou un soutien, quel est votre sensibilité politique sur l’éventail droite/gauche ? » 
     
    Réponse de la liste :
    « Bonjour Madame, comme vous le savez, pour les élections de 2020 pas d’obligation de donner son affiliation pour notre commune. Notre liste est composée de personnes ayant les mêmes objectifs. Nous n’avons pas abordé notre sensibilité politique. Notre but est de pouvoir finaliser nos projets pour Saint Molf. » 
     
    Cette réponse vient confirmer ce qui est relaté dans l’article ci-dessus, concernant la campagne des municipales 2008, et rejoint, aussi, les « réponses bateau » que font bon nombre de têtes de listes, quand on les interroge sur le sujet.
    La question de la « sensibilité politique » n’a pas été abordée, nous dit-on… Eh bien, elle aurait dû l’être, car, avant de s’engager sur une liste, il est bon de connaître les véritables idées politiques de ceux qui ont été à l’origine de sa création…
     
    Sur ce plan, en particulier (et, sûrement sur d’autres…), les Mendulphins, le 15 mars, auront bien le choix entre DuponT et DuponD !
  • Hubert Delorme
    Je fais partie de ceux qui disent que la préférence partisane dans une commune comme Saint-Molf n’est pas pertinente.
    De façon générale, un bon maire ne doit doit ce qualificatif de “bon” qu’à sa façon de conduire les affaires de la ville qu’il gère et ceci indépendemment de son appartenance partisane.
    je connais des bons maires de droite et de gauche, inversement chacun pourra donner le nom d’un “mauvais” maire avec telle ou telle étiquette.
    Je donnerai 2 exemples justifiant ma position :
    – Aéroport Notre Dame des Landes : j’ai demandé aux gens de voter et surtout d’aller voter sans indiquer mon choix qui ne regarde que moi.
    – Lors des élections sénatoriales, je n’ai donné aucune consigne aux grands électeurs de la commune de Saint-Molf, ils ont voté en conscience pour le candidat de leur choix.

    En ce qui concerne la liste “Ensemble pour Saint-Molf”, cette liste est composée de personnes aux sensibilités différentes. La seule exigence qui nous rassemble est la volonté de travailler Ensemble pour l’intérêt du plus grand nombre. Tous les candidats de la liste ont accepté le principe de discuter avec des personnes n’ayant pas forcément le même avis qu’eux pour arriver au compromis permettant d’aboutir à une solution répondant à l’intérêt du plus grand nombre… CQFD quand l’intérêt commun dépasse l’intérêt partisan, tout le monde y gagne.

  • lesechotiersm Auteur de l’article
    Bonjour à tous,

    Si l’on reprend la citation du maire d’une grande ville de Bretagne, reproduite dans l’article ci-dessus, que dit-il, dans les deux premières phrases ? Relisons-les :
    « C’est devenu tendance de ne pas afficher son opinion. Dit autrement, c’est devenu tendance de la cacher aux électeurs, même si ceux-ci sont plus malins que l’on croit et peu dupes. Comme si c’était honteux d’en avoir une. En réalité, les têtes de liste, au moins, ont une étiquette.»
    Tout le monde sait bien que l’impulsion est, d’abord, donnée par la tête de liste, appuyée par son entourage proche et par ses soutiens. Il ne s’agit pas de préférence partisane. Les électeurs ne demandent pas aux candidats de leur dire s’ils sont « encartés » ou sympathisants d’un parti. Ils leur demandent, juste, qu’ils disent s’ils sont de « tendance » gauche, ou droite. C’est le sens du « nuançage », qui était, lors des dernières municipales (2014), demandé aux listes candidates dans les communes de plus de 1000 habitants. Pour les municipales de 2020, ce seuil a été remonté à 3500 habitants. Ouf ! Diront certains…
    Connaître les opinions politiques des principaux dirigeants d’une liste, qui peuvent devenir les têtes de l’exécutif communal, c’est important, pour les gens qui s’engagent sur cette liste, et, encore plus, pour les électeurs, car ces convictions orienteront, nécessairement, les choix qui seront faits pendant six ans. Prétendre le contraire, c’est nier l’évidence.
    Face aux listes qui refusent de se déclarer, sur ce point essentiel, nous verront bien comment réagiront les électeurs, le 15 mars. Ils feront leur choix (ou pas) en connaissance de cause, car, de plus en plus, par les temps qui courent, comme le déclare le président d’un conseil départemental, également cité dans l’article, ils « ont besoin de savoir pour qui ils votent, sinon le risque c’est d’accroître encore la défiance entre les citoyens et leurs élus »…
    Tout est dit !

    Les Échotiers

  • JoJo de Saint-Mô
    Ohé, les Échotiers.
    Ne vous fatiguez pas : les deux listes sont « Ni droite, ni gauche »…
    On sait ce que ça donne, en France, depuis près de trois ans !